Centre
juridique des femmes
de l'Ontario
ATELIER DE FORMATION
FORMATION DE BASE
EN DROIT DE
L'IMMIGRATION ET
DES RÉFUGIÉS

Cette formation vise à outiller les intervenantes qui travaillent auprès de femmes immigrantes francophones confrontées à la violence familiale. Elle offre une compréhension approfondie des différents statuts migratoires, des droits et protections disponibles, ainsi que des vulnérabilités uniques vécues par les femmes dans un contexte d'immigration.

À travers des modules structurés, des scénarios réalistes et des exercices pratiques, la formation permet d'acquérir les connaissances nécessaires pour intervenir de manière sécuritaire, informée et culturellement sensible en droit de l'immigration et des réfugiés.

Elle met un accent particulier sur :

la compréhension des démarches d'immigration pour les femmes en situation de violence familiale ;
la collaboration entre services sociaux, juridiques, communautaires et d'établissement ;
l'importance des droits linguistiques ;
l'accès aux services francophones en Ontario ;
l'accompagnement psychosocial adapté.

L'objectif global est de renforcer la capacité des intervenantes à accompagner les femmes immigrantes avec respect, compassion et professionnalisme, tout en tenant compte des réalités complexes qui influencent leur parcours de sécurité et d'autonomie.

Module 1
Définition et statut
des immigrantes

Les catégories d'immigrantes au Canada

Les immigrantes au Canada peuvent être regroupées en plusieurs catégories juridiques et programmatiques. Cliquez sur chaque catégorie pour en savoir plus.

Module 2
Les différentes formes de
violence familiale au Canada

Les formes de violence familiale

Au Canada, la violence familiale se manifeste sous plusieurs formes reconnues par les cadres juridiques, sociaux et institutionnels. Elle désigne l'ensemble des comportements abusifs exercés par un partenaire intime, actuel ou ancien, dans le but de maintenir un pouvoir ou un contrôle sur l'autre personne.

Module 3
Facteurs de vulnérabilité des femmes immigrantes
en situation de violence familiale

Les facteurs de vulnérabilité

Les femmes immigrantes au Canada peuvent être exposées à des facteurs de vulnérabilité spécifiques qui accroissent leur risque de marginalisation, de précarité économique et de victimisation, notamment en matière de violence entre partenaires intimes et familiale. Ces facteurs découlent à la fois de leur statut migratoire, de barrières structurelles et de dynamiques sociales et culturelles.

Module 4
Ressources et protections légales
pour les femmes immigrantes selon leur statut

Protections selon le statut

Au Canada, toutes les femmes, quel que soit leur statut migratoire, ont droit à la sécurité, à la protection contre la violence familiale et à un accès confidentiel aux services d'urgence, y compris les refuges, la police, les services juridiques communautaires et les lignes de crise. Cependant, les protections et recours disponibles varient selon le statut d'immigration.

Peu importe leur statut, les femmes en situation de violence familiale peuvent également obtenir des ordonnances de protection, comme des ordonnances de non‑communication ou des conditions de mise en liberté imposées à l'agresseur. Elles ont accès aux numéros d'urgence, aux organismes spécialisés, aux services en plusieurs langues et à des soutiens psychosociaux confidentiels. Les ressources telles que 911, les services 211, les refuges pour femmes, les centres d'aide juridique communautaires, les réseaux d'intervenantes pour femmes immigrantes et les organisations d'établissement sont disponibles partout au pays pour offrir un soutien immédiat.
Module 5
Procédures de demande de résidence permanente,
permis de séjour temporaire et d'asile
pour les femmes en situation de violence familiale

Permis de séjour temporaire pour victimes de violence familiale (PST-VF)

Les femmes immigrantes en situation de violence familiale disposent au Canada de plusieurs voies légales leur permettant de protéger leur statut, de rester au pays en sécurité et de reconstruire leur vie. Ces procédures — qu'il s'agisse d'un permis de séjour temporaire, d'une demande d'asile ou d'une demande de résidence permanente — offrent des solutions concrètes pour quitter la relation abusive sans craindre la perte de statut ou l'expulsion. Elles visent à assurer une protection immédiate, une stabilité juridique et la possibilité d'envisager une vie autonome et sécurisée.

Les femmes en situation de violence familiale peuvent obtenir un permis de résidence temporaire spécial, appelé Permis de séjour temporaire pour les victimes de violence familiale (PST‑VF). Ce permis, accessible même aux personnes dont le visa est expiré ou qui sont sans statut, permet d'obtenir un séjour légal d'au moins 12 mois, une autorisation de travail ou d'études ainsi que la couverture médicale provinciale pour elles-mêmes et leurs enfants, sans frais pour les biométries ou les permis associés.

Principales étapes :
1. Remplisser le formulaire papier de PST-VF disponible sur le site d'IRCC.
2. Rassembler des preuves de violence (rapports policiers, témoignages, certificats médicaux, etc.).
3. Envoyer l'application à l'Unité des personnes vulnérables, en marquant "VF" sur l'enveloppe ou le colis.

Une fois ce PST octroyé, la femme concernée peut légalement quitter la relation abusive et envisager ses prochaines démarches en toute sécurité.

Considérations humanitaires et personnes parrainées

Demande CH : Pour celles dont le statut est temporaire, expiré ou non admissible à un autre programme, la résidence permanente peut être demandée en invoquant des raisons d'ordre humanitaire :
• Soumettez une demande de résidence permanente en ligne, en détaillant pourquoi les voies classiques ne s'appliquent pas.
• Justifiez par des raisons solides : violence domestique, besoins médicaux, stabilité au Canada, intérêts des enfants, etc.
• Inclure des preuves convaincantes (rapports, lettres, diagnostics médicaux, etc.).
• Le traitement se fait au cas par cas.
Ce mécanisme est crucial pour les femmes sans autre voie vers la résidence et qui sont en situation d'urgence ou en risque.
Personnes parrainées : Pour les résidentes permanentes parrainées abusées par leur conjoint :
• Elles peuvent quitter la relation sans perdre le droit à la résidence permanente.
• Pas besoin de témoignage obligatoire contre l'agresseur pour conserver leur statut.

Demande d'asile pour les femmes en situation de violence familiale

Pour les femmes qui cherchent protection au Canada, deux voies principales peuvent être envisagées selon leur situation.

Une femme peut présenter une demande d'asile en invoquant la violence familiale lorsqu'elle est en mesure de démontrer que la persécution provient de l'État ou que celui-ci est incapable ou refuse de lui offrir une protection adéquate. Cette demande est examinée par la Commission de l'immigration et du statut de réfugié du Canada (CISR). Le dépôt d'une demande d'asile entraîne généralement un sursis au renvoi pendant le traitement du dossier et peut, en cas d'acceptation, mener à la résidence permanente.

Lorsqu'une femme ne satisfait pas aux critères stricts de la protection des réfugiés, elle peut plutôt présenter une demande CH. Dans ce contexte, la violence familiale constitue un facteur pertinent parmi d'autres, notamment l'établissement au Canada, la situation des enfants et les difficultés qu'entraînerait un renvoi. Une demande CH est examinée par Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) et peut également mener à la résidence permanente, sans toutefois offrir automatiquement un sursis au renvoi.

Les deux demandes peuvent être envisagées parallèlement, mais elles obéissent à des règles distinctes et ne sont pas automatiquement cumulatives.
Module 6
Accès aux services en français
pour les femmes immigrantes

Services en français

L'accès aux services en français est un élément central de l'accompagnement des femmes immigrantes francophones. Pour de nombreuses femmes, la langue constitue une barrière à la compréhension de leurs droits, au dépôt de demandes d'immigration, et à l'obtention de soins, de conseils juridiques ou de protection. Offrir des services en français n'est pas seulement une question de confort linguistique : c'est une condition essentielle à la sécurité, à l'autonomie et au pouvoir décisionnel des femmes. Les intervenantes jouent un rôle clé pour s'assurer que ces femmes reçoivent de l'information compréhensible, qu'elles puissent faire des démarches en français et qu'elles soient orientées vers des services linguistiquement adaptés.

Module 7
Rôle des intervenantes auprès des
femmes immigrantes francophones

Le rôle des intervenantes

Les intervenantes sont souvent les premières personnes vers qui les femmes immigrantes tournent lorsqu'elles vivent de la violence. Leur rôle dépasse largement le soutien émotionnel : elles sont des guides, des ponts, des accompagnatrices qui aident les femmes à naviguer des systèmes complexes. Toutefois, ce rôle doit s'exercer dans des limites claires, notamment en ce qui concerne le conseil juridique. Un accompagnement bien défini, sécuritaire et respectueux peut transformer l'expérience d'une femme en situation de violence familiale et lui permettre d'avancer avec confiance.

Module 8
Pratiques professionnelles sécuritaires
et culturellement sensibles

Pratiques sécuritaires et culturellement sensibles

Accompagner une femme immigrante francophone dans un contexte de violence familiale exige de l'empathie, la sensibilité, du respect et de la prudence. Les expériences migratoires, les différences culturelles, les traumatismes pré‑migration, les normes sociales et les barrières linguistiques façonnent la manière dont une femme perçoit la violence, la sécurité et l'aide. Les intervenantes doivent donc adopter des pratiques sécuritaires, informées par la culture, et alignées sur les limites de leur rôle professionnel.

Merci d'avoir suivi cette formation Formation de base en droit de l'immigration et des réfugiés.

Pour approfondir votre apprentissage, nous vous invitons à lire les scénarios et à répondre aux questions correspondant à chaque module de formation.

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